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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:22

Dans le trouble des poussières, la maison craque. Elle redit la faim des morts et leurs biscottes qui rôtissent dans les ampoules. J’entends leur repas. Et comment ils choquent la couverture de nuit contre le cristal d’une pauvre lumière. Elle craque ses maudits, démine un à un les vieux ébats qui soulevaient les rêves. Et cette secousse d’os d’un ciment enseveli, mon dieu la terre respire et m’alerte au maximum. Je serre les mâchoires du frein, il faudrait arrêter la toupie des décédés, remonter les mandibules du temps. La chambre des scories brûle. Ce sont les derniers chicots de vie pour feu, les anciens, pour feu, mes plaisirs. Je tourne l’urne de leurs cendres, et l’esprit frappeur du propriétaire des lieux agite les grelots de la nuit. C’est un très vieux lépreux d’amour, dont la clochette tremble. Contagion insomniaque.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:20

Alors, prendre mon élan et enjamber la faille de l’ombre. Les mots creusent la moraine du froid. La mort s’allonge et cette fosse sous mes nuits glisse sur le parquet de la chambre. Prendre le fil d’une épée, trancher les fissures, je tombe moi aussi, stèle lourde.

Je prends dans le jardin de paupières, les mosaïques du sommeil. Ne serait-ce qu’un semis de couleurs pour composer ma vue. Je ne suis pas à l’abri de ma peur d’exister.

Ma mère m’a dit que sa mort m’allait si bien. Pourtant, il faudrait bêcher les catafalques où j’épuise l’amour des miens. Ils ont fini de me vendre à la solitude. Ne reste qu’un solde de pollens et de flocons. Une semence si frêle qu’on peut imaginer que ne s’élèveront que des rêves monochromes n’agitant qu’une seule corde et l’écho d’un unique adieu.

Je veux tant recoudre l’écorce de l’arbre et du gaspillage de l’amour, rassembler les dernières particules…

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:19

il y a plus d’avenirs dans le jamais que dans ce toujours.
ces mousses sur les pierres sont des neiges levées du sol. la buée de ma bouche fait des passerelles sur les courants d’air : la grâce est une prise de tabac dans la souffrance globale, une écume sur un peu de pluie. seule ma bougie prie tandis que je marmonne.

je me devine, prophéties de salon, dans l’état coloré de mes humeurs, me savoir dans le corps entier endolori de métaphores, les porte-fumées.

me débarrasser de ce à quoi je tiens et ne jamais connaître la paix. errer parmi les pierres et leurs écailles pâles.
j’essaie d’enfiler ma folie dans un tuyau, je la pousse dedans. canaliser son édredon, beaucoup de plumes qui résistent et volent.

l’hiver est plein d’oiseaux. il ne supporte pas la blancheur de son propre chant, sans doute et sans soleil, aussi incongru qu’un rire dépossédé.
la lueur se vidange avec les larmes et le fleuve serait une tombe parfaite pour le feu de tant de cendres,

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:18

Chaque matin, je vais au ciel bleu comme à la frontière. Un clandestin qui cherche la faille dans la paroi de verre. Le bleu qui tombe sur nous. Je suis comme l’immense troupeau des ivrognes de l’éblouissement. Je fouille l’intensité noire jusqu’à voir et soudain par devers moi, à nouveau, l’apparition, un jour est là. Mais ce n’est que pour l’intrigue, pour l’énigme, comme l’ivrogne, qui cherche dans l’alcool le mystère d’un autre état, comme il s’y rend effroyablement attiré réclamant du liquide qu’il s’ouvre pour lui et le révèle. Je vais au bleu. J’aimerais surprendre la clairvoyance. Voir et savoir. Avant ou après n’a pas d’importance. Le pays du jour est aussi opaque que celui de l’obscurité, chacun des deux camps voile et étoffe son propre secret. J’y erre tout pareillement. Mais, entre le moment de vivre et le moment de mourir, il me semble que cela devrait suffire à remplir ma vie…
Avec le temps, d’ailleurs il me semble de plus en plus urgent de me tenir prête aux aguets, pour surprendre le miracle…l’insomnie devient mon passeport et le réverbère devant la maison le plus vigilant des miradors.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:17

Mon ami,
Nous ne serons jamais que de l’eau noyée, jamais qu’un arbre déguisé en plumeau, jamais qu’une pale au bout d’un courant d’air. Crois-moi on est loin très loin du sacré, très loin du mystère, à des lieues de la révolte et du crachat divin. Poète ? Rien de plus qu’une verroterie qui se prend pour l’éclat. Faut-il que tu confondes ton hoquet avec la poésie ? Je te vois errer dans ses alentours, tu aimerais, tu songes à elle. Tu enfiles à tour de rôle les défroques de tes idoles espérant qu’elles te reconnaissent des leurs. Mais faut-il vraiment que tu confondes ? Ce n’est pas le vin, ce n’est pas la poussière, ce n’est pas la solitude, ce n’est pas l’opium, ce n’est pas la maladie et l’exclusion qui les firent poètes. Tu songes faillir à ton idéal en vivant ta propre vie de gentil, d’homme de bien, d’être du tas. Tout cela n’amène en rien au Poème. Il y en a même qui éclatent sur des montagnes d’or. L’intégrité poétique n’est pas dans l’apparence, n’est pas dans cette pâle métaphore humaine de l’épuisement et du dépouillement. Sa nudité est infréquentable.
Etre poète est-ce un rôle dans le théâtre de la parole, une posture ? Quand tu ne seras plus rien qu’une titubante loque, le poème que tu abritais parfois comme un oiseau te quittera. C’est tout. On ne lit pas Verlaine, Baudelaire ou Rimbaud parce qu’ils furent maudits. Et leurs vies ne furent pas la source...
Reprends goût à la tienne...

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:14

Veille de tempête. Entre-deux de la poussée. Quelque chose attend et patiente sous le sol. Un germe, une larve, un œuf.

J’ai taillé mes bras à la mesure du saule. Je ne tends plus qu’à l’ampli du poumon. Les membres Samothrace, l’élan de poitrine, une faiblesse où il faudrait poser sa main pour la comprendre. La carotide se file à brins de miracle et la tête réclame des offices de peigne, permanente en bigoudis d’ange. Je m’enroule comme un papier de faits : le poème fait grain, soit il vit soit il meurt.

Et cette solitude est comme un carré de terre, une mesure étroite tirée au cordeau où je sème mes yeux à l’empan du désir.
Veille de tempête. Il est possible que je ne renaisse plus loin qu’abandonnée des ailes mais profilée guépard. plus jamais le poème, qu’une prose...

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:13

Pourquoi le temps compterait-il ? Il n’a pas assez de doigts pour ça. La main qui se tend rompt les bâtons qui me dénombrent. L’empêchement n’a que des ongles blancs qui serrent jusqu’aux pertes du vif. Et j’enchaîne les calculs, mathématiques de fer et de ciel, quelque chose de noué, le garrot de mes phalanges.

Pourquoi le temps serait-il court ou long ? Il est debout et ce n’est que mon empreinte deux souliers dans la neige de ce matin, un peu d’ombre oui pour la marque de l’arbre. Debout et de vertèbres, mes échasses éphémères empilent les horizons. Je dresse mes cheveux à l’électricité statique.

Pourquoi le temps passerait-il ? Ne vois- tu pas que tout revient à dire… multiples du carrefour, puissance du giratoire ? Il faut grainer, voyelles, il faut arrondir sa fin, semence après semaines. Au poquet de la tombe, de la fontaine, des indices du tournis. Tu n’as pas fini de voir ton devant qu’il te prend par derrière, orbe de la bouche et fumées des ampoules.

Pourquoi le temps m’interroge ? Je suis au fond de la classe. « Il y a longtemps que je t’aime, jamais…" Je suis dehors, ne peut me faire rentrer.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:12

Le sommeil s’écarte, un souffle en a effacé le sable, ses dessins sortis de la poussière de mon esprit. Je tranche mon chemin dans la nuit, part de vie supplémentaire pour les obèses du cœur. Ça de gagné. J’ai beau chercher à raccrocher mon wagon au fil qui dort, je suis dénouée. Inutile.
La maison m’entoure. Faut éclore. Développer mon jupon alentour. Briser la coque et rejoindre le monde. Reprise dit-on. Comme si les vacances avaient troué quelque chose et que la vie avait fait une chute.
C’était bien mieux, respirer dans la nuit comme avec des branchies, ne m’inquiéter de rien car l’espace de rêver avait gagné d’autres territoires. Tourner le sablier à l’envers, voir la lumière de mon hublot de rêveur, sous-mariner sans complexe. Personne ne m’attendait sur la plage. Et me demander parfois ce que ce serait de ne plus vivre que là où le monde se concentre et rassemble autour de moi l’obscurité pour ne jamais plus me distraire…
Et puis comme à chaque temps de recommencement, ce frisson d’angoisse de sentir se réaliser mon échéance..

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:10

rêve d’enfantement.. ces femmes dans le monde entier, ma grand-mère.

ce ventre plein, ce ventre évidé. (j’ai écrit ventre-plein sans le voir, comme terre-plein, une levée de terre), entrailles pot dans lequel un homme viendra sans répit poser une graine et attendre pour la fascination, pour rien que l’étonnement d’un jeu, que celle -ci éclate, sorte ses doigts racines, ses pieds racines, qu’elle se propage et se gonfle et s’étire comme un mycélium de chair...et puis surpris, étonné et presque jubilant, il regardera le surgissement rapide, explosif et saignant d’un nouvel arbre qui marche.
et puis il recommence, dans le port miraculeux, ça le reprend de mettre son grain de sels, de larmes et de douleurs et d’attendre les mains croisées qu’il en sorte de la vie. il est là, il s’amuse et jouit. qu’importe la terre, qu’importe l’épuisement, qu’importe l’évidement en continu de celle qu’il nomme MA femme . il est le maître de la vie, de l’envie. c’est son droit et à coups de règle morales et religieuses, il saura déjà lui faire entendre son devoir..."Prends ton ventre à la page 18..tu enfanteras dans la douleur car tu as pêché..."
ma grand-mère a porté 18 enfants...mon grand-père n’a porté que sa fierté. et quelle situation lamentable que celles des femmes de ce monde....

petit poème surréaliste poker des mots

Naissance

elle va recevoir son diplôme. On "reçoit" le diplôme comme un mortier sur la nuque, muni de son intaille, patente des ordres du vivre, inoculé virus d’en vouloir mille et cent, farci bourré de hargne.
elle fut petite, malpropre mouillée dans le cri guttural de sa mère. Une farandole en somme. Sans conséquence. Mais naître est une vaste foirade. Faut réifier la nouvelle gêneuse, la déchaumer à sec !

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 21:21

nouvel article pour le plaisir de cette chanson

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